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Vergèze, club « satellite » du MHSC ?
Vendredi 9 octobre, à l’occasion d’une entrevue entre les représentants de l’Entente Perrier Vergèze et du Montpellier-Hérault a été évoquée la possibilité d’un futur partenariat entre les deux clubs.
Dans le cadre de leur « Projet École de Football », avalisé par le président Louis Nicollin, le MHSC est venu présenter au siège social sa nouvelle ligne politique sportive à l’échelle régionale. Jean-François Domergue, actuel manager sportif et son bras droit Patrick Chauvry ont pendant plus d’une heure expliqué pourquoi s’être tourné vers l’EPV aujourd’hui et les avantages d’une entente. « Il est important pour nous de répondre à des besoins d’ordre technique ». Le fait est que le club montpelliérain propose aux équipes les plus compétitrices de la Ligue d’en faire des « clubs satellites » de son propre centre de formation. Mais dans un souci de cohérence et sans incriminer l’éducation des jeunes. Au lieu de recruter des joueurs prometteurs dans toute la moitié sud de l’Hexagone, comme il se faisait depuis maintes années, Montpellier souhaite désormais mettre à profit le régionalisme. Inutile (ou presque) d’aller dénicher des talents trop loin, d’autant qu’à niveau égal, les locaux sont plus à même de venir et seront moins lésés dans leurs sphères familiale et scolaire. Patrick Chauvry, en charge du pôle « vie quotidienne », a insisté de « ne surtout pas les déraciner ». Qui plus est la région Languedoc-Roussillon compte au football le plus grand nombre de licenciés en France ; elle devrait donc constituer un vivier conséquent de bons joueurs et par là même s’auto-suffire.
L’EPV, au même titre que d’autres clubs alentour comme Lunel ou Terre-Foot Camargue, bénéficierait ainsi d’une labellisation en cas d’officialisation d’un partenariat. Deuxième club amateur du Gard, Vergèze possède davantage de licenciés chez les jeunes que Montpellier, et une équipe au sein de chaque catégorie évolue en excellence (plus haute division régionale). L’occasion pour le président Alain Bonnemort de rappeler l’objectif primordial du club : la formation et l’éducation des jeunes. Ce qui n’est pas sans se rapprocher des valeurs que le MHSC s’applique à prodiguer aux enfants. Avec l’installation de cycles de travail et la revalorisation du rôle des éducateurs, l’apprentissage des vertus « naturelles » liées au comportement, à l’écoute et au respect, complète la triptyque des principes en vigueur du Projet École de Football.
Mais à qui profiterait cette alliance ? Au MHSC bien sûr, qui, sans vouloir « piller les clubs », donnerait l’opportunité aux footballeurs vergèzois de « titiller le haut niveau », sans qu’aucun engagement ne soit préjudiciable à quiconque. Jean-François Domergue ajoute qu’aucune orientation n’aura lieu dans les catégories de jeunes avant U13 voire U14 (anciens benjamins), et que « notre volonté est de construire et de travailler avec nos clubs satellites ». Le but n’est pas non plus de sauter les intermédiaires, ni de recruter les joueurs dans le dos des éducateurs, mais en conciliation « secrète » avec les parents, comme on y assiste encore si souvent dans le milieu du ballon rond. « Dans ce cas, vous nous donneriez une caution morale » dixit Jean-Paul Audier, le vice-président des Verts et Blancs. Et M. Bonnemort de penser que tout le monde reviendra à sa place, que personne n’aura les chevilles enflées. Puisqu’en effet les responsables du MHSC superviseront de temps à autres les matchs et les entraînements et qu’aucune décision ne sera prise à la hâte, le temps de se faire une idée précise des jeunes.
L’intérêt pour Vergèze n’est pas minime : tous ses éducateurs seront invités à prendre part aux séances du MHSC à titre d’observateurs, solliciter les entraîneurs afin d’enrichir leurs connaissances techniques, tactiques, en vue d’améliorer toujours la qualité de leurs entraînements. « L’objectif est l’échange, la convivialité » souligne l’ancien champion d’Europe de 1984 ; la venue d’un coach spécifique pour les gardiens de but est d’ailleurs à prévoir dès U14, une des conditions demandées par les dirigeants vergèzois depuis que Yannick ne puis plus s’en occuper. Montpellier est également prêt à intervenir pour améliorer qui des qualités techniques et athlétiques des joueurs, qui de leur psychomotricité - sans porter atteinte au jeu - et contribuer à leur éveil et initiation footballistique.
Afin d’assurer cette liaison pour le moins ambitieuse, Karim Khouda, entraîneur actuel du groupe senior et des débutants, se verrait confier le rôle de coordinateur sportif. M. Domergue a essayé d’ « être le plus pragmatique pour orienter les éducateurs », avant de présenter certains outils de gestion en usage au Montpellier-Hérault. À l’instar de grilles d’évaluation de joueurs, qui ne ressemblent pas tant à un bulletin d’école mais qui apprécieraient certains aspects tels que le comportement mental et sportif, la relation avec l’entraîneur ou la vie en collectivité. La santé du joueur y figure en bonne place, puisqu’ « on tient à prendre en compte les vacances scolaires et à assurer un suivi complet des jeunes ». Avis partagé par le président vergèzois qui a déclaré « n’avoir aucun souci à se tourner vers le MHSC aujourd’hui, que l’idée était séduisante, tant que les adolescents possèdent un encadrement ».
Forts de cette première rencontre, les dirigeants des deux clubs sont appelés à se revoir au cours de la saison, afin de poser les jalons d’une collaboration durable si les promesses sont tenues. Cet engagement, s’il se concrétisait, dessinerait à terme une nouvelle carte géographique sportive, alors que le Nîmes Olympique n’a pas su entretenir de sereines et profondes relations avec l’Entente Perrier Vergèze.
A.W.
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